Cet album, l'enfant et le volcan,
suite peléene, est un enchantement pour les oreilles, surtout le
morceau "Balade des cendres" que j'écoute en boucle en ce moment. Manuel
Césaire est le Directeur du Tropiques Atrium Scène Nationale de
Fort-de-France en Martinique, et sa musique peut sans doute être
qualifiée de symphonique créole.
La culture antillaise est toujours top et c'est un plaisir de continuer à la découvrir.
Poésie contemporaine de la Caraïbe francophone. Un
superbe album musical dans lequel Arthur H lit les poèmes des grandes
plumes caibéennes sur la musique de Nicolas Repac. Les textes magnifiques
et la musique s'enchaînent avec tellement d'harmonie que l'on croirait
qu'il ne s'agit que d'une seule et même histoire.
L'album se termine en
beauté avec le très beau "Marie-Galante" d'Edouard Glissant et je
souligne également la préface écrite par Dany Lafferière qui introduit
parfaitement l'album
Bien que nous logions juste à côté, nous ne sommes pas allés à l'Opéra et nous sommes contentés de fréquenter son café très sympa ! En revanche, l'avantage de cet opéra, c'est qu'il y a un écran géant sur la façade et de nombreuses chaises sur son parvis, permettant de suivre en live les opéras qui y sont donnés ! Nous avons ainsi pu suivre Don Giovanni de Mozart. Bien sûr, ce n'est pas comme d'être dans la salle, mais cela permet à tout le monde d'accéder gratuitement à la beauté de ce genre musical.
Nous avons en revanche assister à un concert de Mozart dans le célèbre Musikverein, encore un bel endroit à l'acoustique parfaite !
En
fait, Claire Diterzi a bien été pensionnaire à la Villa Médicis, mais au grand
dam de certains "intellectuels" qui pensaient qu'une chanteuse de
variété n'avait pas sa place dans l'antre de la création artistique. Moi je
pense que Claire Diterzi avait toute sa place dans la célèbre et belle Villa
surplombant Rome. La preuve avec ce bel album, "Le salon des
refusées", qu'elle a créé là-bas, et que l'on peut qualifier d'oeuvre
musicale artistique (enfin bon, je sais, ceci n'est que mon humble avis !).
C'est vrai, pourquoi être pensionnaire de la Villa Médicis ne devrait rimer
qu'avec "création décalée ou originale" ?
Je trouve que l'article que
Télérama lui a consacré en janvier 2013 reflète parfaitement ma pensée :
"Dire que son arrivée à la villa Médicis avait fait s'étrangler quelques
pisse-froid, terrifiés qu'une artiste de musique dite « populaire » puisse
partager le même espace que des compositeurs « savants »... Ce Salon des
Refusées est une réponse flamboyante. Un album truffé de références, étonnant,
exigeant, déconcertant. Et remarquable. Sans lâcher sa guitare électrique,
Claire Diterzi délaisse les machines qu'elle affectionnait pour un instrument
banni (refusé, lui aussi) de la chanson et la pop : la viole de gambe. En
résulte un son âpre, presque ancestral ; un dépouillement acoustique auquel
elle ne nous avait pas habitués. Même son chant se débarrasse des effets
d'hier, s'offrant dans une nudité d'équilibriste, impressionnant, mais pas
démonstratif. Comme si l'éloignement créatif — et l'adversité ? — l'avait
poussée à revenir à l'essentiel. A bien écouter, son disque dessine une carte
du Tendre, au plus intime, dont le titre devient peu à peu un tiroir à double,
ou triple fond. La « refusée » Diterzi ne se cogna pas seulement à la porte de
la villa ; elle se heurta aussi à des murs amoureux, et avant cela paternels,
qu'elle évoque ici sans frime, colère, ni faux-semblant. L'écriture est
fulgurante, osée ; traversée d'humour et d'insolence. Parfois bouleversante.
Clair-obscur ou Corps étrangers sont des modèles de délicatesse. Scellant, à la
barbe des coincés de toutes les chapelles, une renaissance superbe."
Le
morceau "Corps étrangers" qui clôt l'album, est particulièrement beau
:
Et pour la petite histoire, voici ce qu'était "Le salon des
refusés(e)s" :
En 1863, le jury du Salon Officiel de peinture et de
sculpture (désigné par les membres de l'Académie), refusa plus de 3000 œuvres
sur 5000. À l'époque, le Salon était la seule façon pour un artiste d'acquérir
une reconnaissance officielle. L’empereur Napoléon III, sur conseil de
Viollet-le-Duc, décida qu’une exposition des refusés se tiendrait au Palais de
l’Industrie. Le Salon des Refusés, illustration de l’émergence en opposition avec
le goût officiel, marqua par sa grande modernité le début de la libération de
la peinture, inacceptable pour la foule habituée au mauvais goût douceâtre des
académiques (surnommés à l’époque “pompiers”). Coupée du grand public, cette
peinture nouvelle œuvra en marge, dans l'audace soutenue par la foi commune des
artistes.
Non, en fait, Claire
Diterzi a bien été pensionnaire à la Villa Médicis, mais au grand dam de
certains "intellectuels" qui pensaient qu'une chanteuse de variété
n'avait pas sa place dans l'antre de la création artistique.
Moi je pense que Claire Diterzi avait toute sa place dans la célèbre et
belle Villa surplombant Rome. La preuve avec ce bel album, "Le salon des
refusées", qu'elle a créé là-bas, et que l'on peut qualifier d'oeuvre
musicale artistique (enfin bon, je sais, ceci n'est que mon humble avis
!). C'est vrai, pourquoi être pensionnaire de la Villa Médicis ne
devrait rimer qu'avec "création décalée ou originale" ?
Je trouve que l'article que Télérama lui a consacré en janvier dernier
reflète parfaitement ma pensée :
"Dire que son arrivée à la villa Médicis avait fait s'étrangler quelques
pisse-froid, terrifiés qu'une artiste de musique dite « populaire »
puisse partager le même espace que des compositeurs « savants »... Ce
Salon des Refusées est une réponse flamboyante. Un album truffé de
références, étonnant, exigeant, déconcertant. Et remarquable. Sans
lâcher sa guitare électrique, Claire Diterzi délaisse les machines
qu'elle affectionnait pour un instrument banni (refusé, lui aussi) de la
chanson et la pop : la viole de gambe. En résulte un son âpre, presque
ancestral ; un dépouillement acoustique auquel elle ne nous avait pas
habitués. Même son chant se débarrasse des effets d'hier, s'offrant dans
une nudité d'équilibriste, impressionnant, mais pas démonstratif. Comme
si l'éloignement créatif — et l'adversité ? — l'avait poussée à revenir
à l'essentiel. A bien écouter, son disque dessine une carte du Tendre,
au plus intime, dont le titre devient peu à peu un tiroir à double, ou
triple fond. La « refusée » Diterzi ne se cogna pas seulement à la porte
de la villa ; elle se heurta aussi à des murs amoureux, et avant cela
paternels, qu'elle évoque ici sans frime, colère, ni faux-semblant.
L'écriture est fulgurante, osée ; traversée d'humour et d'insolence.
Parfois bouleversante. Clair-obscur ou Corps étrangers sont des modèles
de délicatesse. Scellant, à la barbe des coincés de toutes les
chapelles, une renaissance superbe."
Le morceau "Corps étrangers" qui clôt l'album, est particulièrement beau
:
Une fois n'est pas coutume, je ne vous parlerai pas de lecture mais de musique !
Birds on a wire est une très belle oeuvre musicale de reprises. Dom la Nena, talentueuse violoncelliste d'origine brésilienne, et Rosemary Standley, chanteuse du groupe Moriarty revisitent à leur (belle) manière dans cet album (on peut même dire qu'elles ré-enchantent) quelques célèbres textes (français, anglais, portugais, italiens, arabes...), empruntés à John Lennon, Leonard Cohen, Stefano Landi et quelques autres.
Sous leur touche personnelle, ces textes, ces airs, prennent des allures tantôt baroques, tantôt sensuelles. Une belle oeuvre musicale donc, mais également littéraire puisque le disque est présenté dans un somptueux livret reprenant les textes très joliment illustrés de toiles de maîtres.
Un bel écrin pour un petit bijou ! Un "objet" artistiquement très intéressant !
J'ai découvert récemment un très beau livre-CD. Il s'agit de "L'or noir" d'Arthur H et Nicolas
Repac. J'ai tout d'abord trouvé la pochette très belle, puis je me suis dit en
voyant les noms d'Arthur H et de Nicolas Repac que cela ne pouvait être que
bien ! Puis, je découvre qu'il s'agit d'un livre, avec des poèmes et des
extraits d'oeuvres de ceux que l'on a coutume d'appeler "les chantres de
la négritude". Je me suis souvenue combien j'avais été touchée en
découvrant l'oeuvre d'Aimé Césaire lors de mon voyage à la Martinique. Avec ce
CD, je redécouvre la beauté, la puissance et la force de l'écriture créole, et
combien celle-ci nous met en communion avec la terre, avec l'eau, avec le vent,
combien elle nous transporte dans un univers sauvage, brut et doux à la fois...
Ces extraits littéraires sont contés par la voix profonde d'Arthur H, avec un
accompagnement musical de Nicolas Repac qui a le don de jouer de plusieurs
instruments (guitare, guimbarde, flûte harmonique, caisse, sanza et udu)
mélangeant rythme et vibration aux moments opportuns de cette lecture presque
théâtrale. Par moment (et notamment dans le poème d'Aimé Césaire, "Corps
perdu") on imagine Arthur H en sorcier vaudou ! Cette très belle lecture
musicale m'a donné des frissons et m'a transportée ! C'est vraiment un très bel
hommage à la créolitude. Une belle découverte donc pour moi qui suis tombée
amoureuse des Antilles !
Liste des textes lus : 1. Corps Perdu d’Aimé Césaire - "Cadastre" 2. La Cohée du Lmentin
d’Édouard Glissant - extraits 3. Le Métier à tisser de René Depestre -
"Poèmes en retard sur la mer Caraïbe" 4. Outremer, trois océans en
poésie, anthologie établie par Christian Poslaniec et Bruno Doucey "À la
crinière du cyclone" de Georges Desportes 5. Cahier d’un retour au pays
natal d’Aimé Césaire - extraits 6. Outremer, trois océans en poésie, anthologie
établie par Christian Poslaniec et Bruno Doucey "La Foire aux morts"
Gilbert Gratiant 7. L’Énigme du retour de Dany Laferrière - "L’enfant du
pays" 8. L’Ivrogne dans la brousse d’Amos Tutuola (traduction Raymond
Queneau) - extraits 9. Les Armes miraculeuses d’Aimé Césaire - "Prophétie" 10. Des poings chauffés à blanc de James Noël - "Lettre du sorcier" 11. Les Armes miraculeuses d’Aimé Césaire - "Le cristal atomique" 12.
La Cohée du lamentin d’Édouard Glissant - "Paysage" 13. L’Invention
des désirades de Daniel Maximin - "Soufrière"